Afficher article  Mai 1509...

Peu après cette époque, Oran vécut une longue période de paix.

La ville devint très florissante. Les navires maures et chrétiens y faisaient escale. Poètes et musiciens de Berbérie en firent leur lieu de prédilection. Un roi de Grenade vint même y chercher asile.

La corruption s'y introduisit cependant, les moeurs se relâchèrent et la ville devint le berceau de pirates qui allaient piller et tuer jusque sur les côtes d'Espagne.

Ému par cet état de brigandage qui durait déjà depuis fort longtemps, hanté aussi par l'idée d'étendre au delà des mers les effets de la "Reconquista", le Cardinal Ximenes de Cisneros, archevêque de Tolède et Grand Inquisiteur d'Espagne obtint de son roi l'autorisation d'occuper Oran . (Mers el Kebir était déjà au pouvoir des Espagnols depuis 1505).

En mai 1509, Ximenes part de Carthagène avec le corps expéditionnaire, la ville d'Oran est prise le 18 mai et le gouverneur maure fait sa soumission au Cardinal en personne le surlendemain.

Afficher article  La fondation d'Oran

Au début du X ème siècle, en l'an 903, deux chefs andalous obtinrent des peuplades berbères, l'autorisation de bâtir une ville dans les environs de la rade où mouillaient leurs bâteaux.

Avec une troupe de marchands, ils fonèrent une cité sur les pentes du Murdjadjo à proximité d'un petit oued. La vile qui prit le nom de Ouahran (Oued-el-Ouahran : ruisseau sauvage, dur à remonter) puis Oran, ne tarda ghère à devenir très prospère.

Une enceinte de terre durcie s'éleva et de nombreuses familles des environs vinrent s'y installer.

Pisans et Genois faisaient avec Oran un commerce considérable; une commanderie maltaise de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem obtint même la faveur d'y fonder un établissement et construisit, à cet effet, trois grosses tours (on voit ces tours encore ajourd'hui sur la partie ouest de Château-Neuf) sur l'escarpement rocheux qui dominait la ville.

Tour à tour omeyade et fatimide, Oran eut à soutenir de nombreux sièges jusu'en 1347 où Abou Hassen Ali, sultan mérinide du Maroc s'e empara.

Se rendant immédiatement compte de l'importance stratégique des tours maltaises, le premier soin du sultan fut de les relierentre elles par des murs très épais, derrière lesquels une petite troupe put facilement tenir en échec de nombreux assiègeants.

Ce fort reçut le nom de Bordj el Ah'meur ("le fort rouge" peut être à cause de la terre rouge dont était fait les murs).

Le Château-Neuf était né.

Afficher article  La sentinelle

Sentinelle avancée, le Château-Neuf défendait la Place contre les attaques de terre et de mer et sa position remarquable est la raison pour laquelle ses constructeurs prirent tant de soin pour à l'édifier, malgré les vicissitudes sans nom, qu'ils eurent à traverser.

Ses murs d'escarpe en belles pierres de taille habilement appareillées, la précision de son tracé, le relief de dix à quinze mètres qu'ils ont obtenu, sur un terrain aussi accidenté, font honneur aux ingénieurs qui ont été chargés de la construction de cet ouvrage et prouvent une conviction, un talent, supérieur à celui qui a dirigé les travaux sur tous les autres points des fortifications espagnoles d'Oran.

La date de fondation de Château-Neuf est très ancienne. Elle remonte à près de sept cent ans pour une de ses parties, tout au moins le "Donjon".

Son histoire est intimement liée à celle d'Oran.

Entreprendre l'historique de Château-Neuf c'est évoquer, en même temps, le passé de la ville qu'il avait pour mission de défendre.

Afficher article  Chapitre préliminaire

Dressant, face au port d'Oran, ses hautes murailles grises à redans et éperons, le Chateau Neuf domine de toute sa masse, la promenade L'étang, qui développe au pied même de son enceinte, ses beaux jardins étagés.

Le lieu était aride et sec autrefois; les abords en étaient farouchement défendus, mais le Château Neuf qui a gardé une grande et fière allure, avec ses murs à échauguettes où semble toujors veiller quelque invisible guetteur, n'est plus la citadelle de jadis.

Son temps est passé.

C'est aujourd'hui un vaste établissement militaire, dont l'enceinte renferme, indépendamment de nombreux logements, les services et casernements suivants :

- l'Hôtel de la Division, siège du commandement de la Division territoriale d'Oran, résidence particulière du général et bureau de l'Etat major

- les bureaux de la subdivision

- le service central de l'EGSM avec des ateliers

- le service du génie

-une caserne d'infanterie

- des magasins, écuries, garages etc...

Le Château Neuf est de construction espagnole pour son ensemble.

C'est un ancien ouvrage de fortifications à tracé bastiomié et demi-lune, s'étendant sur cinq cent mêtres de longueur environ et cent mètres de largeur moyenne.

Il est bâti sur un promontoire rocheux dont le pied était jadis baigné par la mer. Deux ravins le bordaient, à l'est l'Olïn Rouina, à l'ouest le Raz el Aïn, aujourd'hui comblé du fait de l'agrandissement de la ville.