Dès 1702, le Dey d'Alger avait résolu d'en finir avec l'occupation espagnole. La place d'Oran était bloquée rigoureusement. Profitant des démêlés de l'Espagne (guerre de succession) et de la trahison du chef des galères qui au lieu de porter secours à la ville, rallia l'escadre anglaise pour se mettre à la disposition de l'Autriche, Bou-Chelagram, bey de l'ouest vint attaquer Oran, dont les forts extérieurs furent pris d'assaut les uns après les autres.
Après un long siège, manquant de secours, ayant épuisé vivre et munitions, la ville fut prise dans la nuit de Noël de 1708.
Le Castillo de Rozalcazar se défendit le dernier.
La nuit Sainte fut passée dans un communion plus étroite avec leur Dieu, au milieu des fracas des assauts. La garnison se rendit que le lendemain soir. Forte de cinq cent hommes, elle fut enchaînée et réduite à l'esclavage.
Les Beys de de l'ouest avaient toujours rêvé de faire d'Oran la capitale de leurs états. Aussi, Bou-Chelagram ayant obtenu, à titre de récompense le gouvernement de la ville qu'il avait conquise, n'eut-il rien de plus pressé que d'y transférer le siège de son beyleck. Il s'installa lui m^me avec ses femmes dans le palis de la vieille Casbah.
Bou-Chelagram régna ainsi vingt quatre ans, au milieu de son harem, dans un repos presque absolu, à peine troublé par ses discussions avec le Dey à propos du Denouch (impôt triennal obligatoire) qu'il était tenu de porter en personne à Alger.
Il na parait pas que pendant cette période, les Turcs aient fait construire ou améliorer quoique ce soit à la défense de la ville ou de ses forts. Bien au contraire, les brèches faites par leur artillerie dans les fortifications de la Place, lors du siège de 1708, attendront le retour des Espagnols pou être réparées.
Mers-El-Kebir était redevenu le nid de pirates d'autrefois.
Ils courraient de nouveau les mers et les prises fort nombreuses, vendues sur la place d'Oran, allaient grossir le trésor du Bey.