Afficher article  1568 Don Juan d'autriche

En 1568, Don Juan d'autriche, frère du roi était à Oran. Il voulut visiter le castillo de Ralcazar dont la position au dessus de la ville l'avait frappé.

Sortant par la porte de Canastel (passage voûté qui se trouve place Kléber), Don Juan et sa suite, empruntant un petit chemin ombragé, mais assez raide, parvinrent à la forteresse où une salve de grosse artillerie et de mousqueterie fut tirée en leur honneur.

Après s'être fait présenté le Gouverneur, le Prince admira de ce bastion le panorama magnifique qui s'offrait à sa vue. Au Nord la mer et le port, à l'Ouest à ses pieds la ville blottie au bas de la montagne, au Sud les huertas (jardins maraîchers) où les bosquets faisaient ça et là de grosses tâches sombres, à l'Est la campagne à l'infini...

Il fut tiré de sa contemplation par l'exclamation d'un Tudesque de sa suite qui s'écria, en lui montrant une des grosses pièces d'artillerie :

" Seigneur, cette pièce est une de celles que l'Empereur votre père (Charles-Quint), prit aux ducs de Saxe et de Landgrave et ces lettres profèrent à l'adresse du Souverain Pontife le Pape et de la Sainte Foi catholique une grande insulte"

Un dévoué Prince catholique ne devait pas laisser subsister pareil blasphème.

Il fit sur le champ sauter la légende injurieuse, récompenser le Tudesque et...mettre aux arrêts le gouverneur.

Afficher article  La forteresse de Rozalcazar

Les vainqueurs remplacèrent les anciens murs en pisé du Bordj par de solides murs en maçonnerie. Ils en modifièrent également l'intérieur pour lui permettre de recevoir sa nouvelle garnison : une compagnie de quatre vingt hommes dont un chapelain sou les ordres d'un capitaine qui prit le nom d'Alcaide (de l'arabe al caïd : gouverneur du fort).

Une chapelle fut aménagée à l'intérieur du fort afin que les hommes pussent entendre la messe sans sortir de leur réduit.

Ce fort n'a ghère été modifiéde nos jours. Il est connu aujourd'hui sous le nom de "donjon du Château-Neuf". Les caractères généraux de sa construction, le principe primitif de son tracé bastionné, l'aspect moyenageux de son intérieur, qu'il a encore conservé, sont les sûrs garants de sa solide réputation d'ancienneté.

La forteresse de Rozalcazar, malgrè sa position très forte, ne possédait pas d'artillerie. Les gouverneurs s'en plaignaient, mais, soit incurie de la Couronne, soit difficultés naissantes dans lesquelles se débattait déjà l'Espagne, il faudra attendre le siège d'Oran et Mars-el-Kébir, par Hassan-Pacha, Dey d'Alger, en 1563 pour donner une impulsion nouvelle aux travaux de la place.

Ces travaux permettront de doter le Rozalcazar d'un grand bastion et d'une bonne artillerie.

L'alerte fut chaude. Les brêches faites dans les fortifications de la ville furent assez graves, pour qu'un ingénieur italien (Jaccomo Paléazzo, qui traçales plans de la Goulette), mandé par en toute hâte à On, reçut mission de les réédifier.

Le plan général du Castillo de Rozalcazar fut tracé et le premier bastion construit.

Son mur d'escarpe partait de la tour Sud, venait englober à l'Est une ptite tour dont la date de construction est inconnue, pour venir se raccorder à la tour Nord. L'ensemble formait un vaste terre-plein sur lequel on installa quelques canons et une bonne couleuvrine.

On peut reconnaître aujourd'hui, à l'état de dégradation de ses pierres, malgré les enduits protecteurs qu'on y a mis depuis, à son absence de corniche, que ce bastion situé à gauche de l'entrée actuelle de Cha^teau-Neuf est d'une construction bien antérieure à celle du reste de l'enceinte.

Afficher article  Première occupation espagnole

La première occupation espagnole va durer de 1509 à 1708.

A l'entrée des Espagnols, les fortifications de la ville d'Oran comprenaient :

- une enceinte continue en pisé, surmontées de hautes tours, qui enfermait la ville.

- La Casbah, adossée à la ville.

- Le Bordj El Ah'meur.

Le Cardinal para au plus pressé et fit réparer hâtivement les murs qui avaient le plus souffert du siège.

Ce n'est que plus tard, en 1514, que la ville d'Oran a commencé sa transformation espagnole.

Le roi avait ordonné la construction d'ouvrages de fortifications.

Diégo de Véra, commissaire Général de l'artillerie de la place d'Oran prescrivit alors la restauration et l'amélioration du Bordj El Ah'meur que les occupants appelaient déjà Rozalcazar et dont le Cardinal avait fait lever le plan.

Certains ont cru voir dans ce nom de Rozalcazar une mauvaise traduction espagnole de Bordj El Ah'meur : Rojas Casa (les maisons rouges). Rozalcazar paraît plutôt provenir de l'arabe Ras-el-Ksar qui signifie tête ou promontoire du château.

Les Espagnols auraient ainsi donné au fort le nom du rocher sur lequel il était bâti.

Afficher article  Mai 1509...

Peu après cette époque, Oran vécut une longue période de paix.

La ville devint très florissante. Les navires maures et chrétiens y faisaient escale. Poètes et musiciens de Berbérie en firent leur lieu de prédilection. Un roi de Grenade vint même y chercher asile.

La corruption s'y introduisit cependant, les moeurs se relâchèrent et la ville devint le berceau de pirates qui allaient piller et tuer jusque sur les côtes d'Espagne.

Ému par cet état de brigandage qui durait déjà depuis fort longtemps, hanté aussi par l'idée d'étendre au delà des mers les effets de la "Reconquista", le Cardinal Ximenes de Cisneros, archevêque de Tolède et Grand Inquisiteur d'Espagne obtint de son roi l'autorisation d'occuper Oran . (Mers el Kebir était déjà au pouvoir des Espagnols depuis 1505).

En mai 1509, Ximenes part de Carthagène avec le corps expéditionnaire, la ville d'Oran est prise le 18 mai et le gouverneur maure fait sa soumission au Cardinal en personne le surlendemain.

Afficher article  La fondation d'Oran

Au début du X ème siècle, en l'an 903, deux chefs andalous obtinrent des peuplades berbères, l'autorisation de bâtir une ville dans les environs de la rade où mouillaient leurs bâteaux.

Avec une troupe de marchands, ils fonèrent une cité sur les pentes du Murdjadjo à proximité d'un petit oued. La vile qui prit le nom de Ouahran (Oued-el-Ouahran : ruisseau sauvage, dur à remonter) puis Oran, ne tarda ghère à devenir très prospère.

Une enceinte de terre durcie s'éleva et de nombreuses familles des environs vinrent s'y installer.

Pisans et Genois faisaient avec Oran un commerce considérable; une commanderie maltaise de l'ordre de Saint Jean de Jérusalem obtint même la faveur d'y fonder un établissement et construisit, à cet effet, trois grosses tours (on voit ces tours encore ajourd'hui sur la partie ouest de Château-Neuf) sur l'escarpement rocheux qui dominait la ville.

Tour à tour omeyade et fatimide, Oran eut à soutenir de nombreux sièges jusu'en 1347 où Abou Hassen Ali, sultan mérinide du Maroc s'e empara.

Se rendant immédiatement compte de l'importance stratégique des tours maltaises, le premier soin du sultan fut de les relierentre elles par des murs très épais, derrière lesquels une petite troupe put facilement tenir en échec de nombreux assiègeants.

Ce fort reçut le nom de Bordj el Ah'meur ("le fort rouge" peut être à cause de la terre rouge dont était fait les murs).

Le Château-Neuf était né.

Afficher article  La sentinelle

Sentinelle avancée, le Château-Neuf défendait la Place contre les attaques de terre et de mer et sa position remarquable est la raison pour laquelle ses constructeurs prirent tant de soin pour à l'édifier, malgré les vicissitudes sans nom, qu'ils eurent à traverser.

Ses murs d'escarpe en belles pierres de taille habilement appareillées, la précision de son tracé, le relief de dix à quinze mètres qu'ils ont obtenu, sur un terrain aussi accidenté, font honneur aux ingénieurs qui ont été chargés de la construction de cet ouvrage et prouvent une conviction, un talent, supérieur à celui qui a dirigé les travaux sur tous les autres points des fortifications espagnoles d'Oran.

La date de fondation de Château-Neuf est très ancienne. Elle remonte à près de sept cent ans pour une de ses parties, tout au moins le "Donjon".

Son histoire est intimement liée à celle d'Oran.

Entreprendre l'historique de Château-Neuf c'est évoquer, en même temps, le passé de la ville qu'il avait pour mission de défendre.

Afficher article  Chapitre préliminaire

Dressant, face au port d'Oran, ses hautes murailles grises à redans et éperons, le Chateau Neuf domine de toute sa masse, la promenade L'étang, qui développe au pied même de son enceinte, ses beaux jardins étagés.

Le lieu était aride et sec autrefois; les abords en étaient farouchement défendus, mais le Château Neuf qui a gardé une grande et fière allure, avec ses murs à échauguettes où semble toujors veiller quelque invisible guetteur, n'est plus la citadelle de jadis.

Son temps est passé.

C'est aujourd'hui un vaste établissement militaire, dont l'enceinte renferme, indépendamment de nombreux logements, les services et casernements suivants :

- l'Hôtel de la Division, siège du commandement de la Division territoriale d'Oran, résidence particulière du général et bureau de l'Etat major

- les bureaux de la subdivision

- le service central de l'EGSM avec des ateliers

- le service du génie

-une caserne d'infanterie

- des magasins, écuries, garages etc...

Le Château Neuf est de construction espagnole pour son ensemble.

C'est un ancien ouvrage de fortifications à tracé bastiomié et demi-lune, s'étendant sur cinq cent mêtres de longueur environ et cent mètres de largeur moyenne.

Il est bâti sur un promontoire rocheux dont le pied était jadis baigné par la mer. Deux ravins le bordaient, à l'est l'Olïn Rouina, à l'ouest le Raz el Aïn, aujourd'hui comblé du fait de l'agrandissement de la ville.

 

Afficher article  CHATEAU NEUF

C'est un vieil écrit que je viens de retrouver dans mes archives : celui de mon oncle Jean RANCHON.

De 1953 à 1964, à Oran, il a, page après page, décrit l'histoire d'un monument de la ville appelé Château-Neuf.

Pourquoi s'appliquer , avec cette belle écriture ancienne, sur ce château inconnu ? Je n'en sais rien.

Peut-être parce que Jean était architecte, travaillant pour un bureau de l'armée et que l'architecture militaire le passionnait...

C'est cet écrit que je trace ici. Pour lui .