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Boudellal - dim 20 mai 2007 16:54 CEST
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Lundi 2 Octobre

CHATEAU NEUF
par
oranalicefr
le lun 02 oct 2006 14:35 CEST
C'est un vieil écrit que je viens de retrouver dans mes archives : celui de mon oncle Jean RANCHON.
De 1953 à 1964, à Oran, il a, page après page, décrit l'histoire d'un monument de la ville appelé Château-Neuf.
Pourquoi s'appliquer , avec cette belle écriture ancienne, sur ce château inconnu ? Je n'en sais rien.
Peut-être parce que Jean était architecte, travaillant pour un bureau de l'armée et que l'architecture militaire le passionnait...
C'est cet écrit que je trace ici. Pour lui .
Mardi 12 Décembre

OCTOBRE 1790 : LE TREMBLEMENT DE TERRE
par
oranalicefr
le mar 12 déc 2006 09:57 CET
Depuis 1732, les armes espagnoles étaient parvenues à protéger et à couvrir un territoire qui s'étendait à une centaine de kilomètres autour d'Oran. Les arabes payaient un tribut, la paix semblait revenue.
Les subsides toujours plus importants que l'Espagne envoya, l'ardeur que déployèrent les occupants - ils construisirent en soixante ans de la deuxième occupation beaucoup plus d'ouvrages qu'en deux cent ans de la première - tout porte à croire que les Espagnols étaient bien décidés à conserver, coûte que coûte, la ville qu'ils avaient reprise.
L'influence sans cesse grandissante qu'ils exerçaient sur des territoires, jusqu'alors non soumis, pouvait leur permettre de penser que leur autorité était définitivement établie.
Les évènements en décidèrent autrement.
Dans la nuit du 8 au 9 octobre 1790, un tremblement de terre d'une rare violence boulversa Oran de fond en comble.
Presque toutes les maisons s'écroulèrent. La vieille Casbah, elle même, ne fut pas épargnée. On dénombra trois mille victimes parmi lesquelles le Gouverneur et sa famille, ensevelis sous les ruines du magnifique palais gubernatotial que le duc de Montemar avait élever près de l'emplacement de l'église Saint Louis actuelle.
Seul le Rozalcazar tint debout.
Le gouverneur par intérim, dans un rapport très pessimiste fit aussitôt part à son roi de la situation dans laquelle se trouvait les troupes logées sous la tente et la ville déjà attaquée par les tribus environnantes.
Baba-Hassan, Dey d'Alger, jugeant la situation propice, envoya Mohamed-El-Kebir, Bey de l'ouest à la conquête de la place.
Dans cette circonstance, le Castillo de Rozalcazar joua son rôle de puissante forteresse.
Des renforts étaient arrivés de la métropole. Le gouverneur et ses hommes, bien décidés à défendre chèrement leurs vies, occupaient la citadelle et ses fossés et attendirent un assaut qui ne vint pas.
Sans plan colonial bien défini, lassée d'une place forte dont la possession n'était qu'onéreuse à la couronne, engagée déjà dans une lutte contre la Révolution Française, l'Espagne songea à rappeler ses troupes.
Des négociations s'entamèrent. Une convention fut passée avec le Dey d'Alger le 12 septembre 1791. Elle accordait six mois aux occupants pour évacuer la ville d'Oran.
Les Espagnols devaient laisser la Place dans l'état où ils l'avaient trouvée en 1732, à charge pour eux, s'ils le jugeaient utile, de détruire les aménagements qu'ils avaient apportés depuis.
Des forts et de nombreux bâtiments furent minés, mais au dernier moment, Madrid donna l'ordre de ne rien faire sauter, peut être dans l'espoir de revenir un jour...
Par excès de zèle, le fort San Miguel sauta peu avant l'arrivée du contre-ordre.
Vendredi 8 Décembre

LA FIN DES TRAVAUX DU CASTILLO DE ROZALCAZAR
par
oranalicefr
le ven 08 déc 2006 09:30 CET
Quand les Espagnols étaient bloqués dans la place, ils communiquaient avec les forts extérieurs à l'aide de porte voix. Ce système n'était pas sans présenter de sérieux inconvénients, un convoi de poudre à destination du fort Santa Cruz était tombé, peu après 1732, dans une embuscade tendue par un renégat qui en avait compris la demande.
Le nombre de galeries souterraines de communication qu'ils prodiguèrent alors à Oran, de 1735 à 1740 est vraiment impressionnant. Tous les forts étaient reliés entre eux et la place.
Pour sa part, le Castillo de Rozalcazar en possédait trois:
- la première, la plus importante, celle qu'on appelait "Galeria Mayor" (grande galerie) reliait les casernes voûtées, alors en construction, au fort San Andres (Saint André actuel).
- La deuxième reliait le donjon aux fortifications de la ville. Elle passait sous le ravin de Raz el Aïn et débouchait à la porte de Canastel (place Kleber).
- La troisième enfin était celle du fort San Miguel (elle servait tout dernièrement d'abri pour la défense passive).
Indépendamment de ces galeries de communication, le Rozalcazar possédait aussi des galeries de contre mine, percées le long du front de l'Aïn Rouïna, front décidemment bien défendu par les occupants.
Vers 1760, le général Don Juan Zemeno fit encore exécuter des travaux considérables. Se servant du Donjon pour raccorder les deux tracés celui du front de mer et celui de la campagne, il fit reconstruire entièrement celui là et achever les casemates voûtées près de l'entrée, dans lesquelles plus de huit cent hommes purent s'installer.
Une ins cription, placée au dessus de la porte d'entrée perpétue la date d'achèvement des travaux.
REYNANDO EN LAS ESPANAS LA MAJESTAD DEL SENOR CARLOS III Y MANDANDO ESTAS PLAZAS EL THIENIENTE GENERAL DON JUAN MARTIN ZERMENO INSPENTOR DEL REGIMIEN TO FIXO SE HIZO ESTA PUERTA SE CONSTRUIERO LAS BOVEDAS PARA ALOJAMIENTO A LA GUARNICION Y SE REEDIFICO EL CASTILLO POR LA PARTE DE LA MARINA. ANO MDCCLX
"Sous le règne de sa majesté Charles III, dans les Espagnes, ces places étant commandées par le Lieutenant Général Don Juan Martin Zermeno, Inspecteur du Régimant sédentaire on fit cette porte, on construisit les voûtes pour le logement de la garnison et l'on réédifia le Château en ce qui concerne la partie qui regarde la mer. L'an 1760".
Le Castillo de Rozalcazar est ainsi terminé. Son enceinte solidement bâtie, peut résister à de nombreux assauts. Il possède un casernement pour la troupe, un vaste magasin à poudre (Donjon) et un cavalier sur le front Est. Ses bastions armés d'une nombreuse artillerie, ses forts extérieurs judicieusement établis lui donnent une puissance défensive jamais atteinte.
Mercredi 29 Novembre

DEUXIEME OCCUPATION ESPAGNOLE 1732 - 1792
par
oranalicefr
le mer 29 nov 2006 10:50 CET
Philippe V, roi d'Espagne ne voyait pas, sans amertume, la ville d'Oran aux mains des Turcs qui "leur donnait ainsi des avantages formidables sur les provinces méridionales de son royaume".
Débarrassé de ses soucis européens, dans la ferme résolution de reprendre sur les barbaresques une revanche éclatante, il confia au conte de Montemar, le commandement d'un corps expéditionnaire qui entra dans Oran le 1er juillet 1732, après avoir culbuté les maures accourues en masse pour empêcher le débarquement.
La ville prise, le duc (nommé duc par son roi pour son brillant exploit) de Montemar se convainquit immédiatement de l'impérieuse nécessité de perfectionner les fortifications d'Oran.
Elles étaient presque toutes à reprendre.
Le Castillo de Rozalcazar avait beaucoup souffert du siège de 1708.
Le roi ayant approuvé le projet présenté, les vainqueurs se mirent immédiatement au travail.
La main d'oeuvre nécessaire manquait cependant.
Les troupes de la garnison étaient très occupées à garder leur conquête car les Turcs n'avaient pas perdu tout espoir de reprendre la ville. Aussi, les bagnes furent réinstallés à Oran peu après la reprise de la place. On pouvait compter vers 1760 jusqu'à deux mille condamnés aux travaux, non compris les desterrados qui, revenus eux aussi, ne contribuèrent pas moins à l'amélioration des moyens de défense.
Le castillo de Rozalcazar, qui était, par sa forte position, le pus important des forts de la ville, va devenir, grâce aux aménagements intérieurs et extérieurs qu'on y apportera, le dernier refuge ou réduit des troupes en cas de siège.
De 1737 à 1741, le général José Vallejo, alors gouverneur d'Oran, fit construire successivement les ouvrages suivants :
- Le fort Santa Térèsa (Sainte Thérèse) à l'extrémité Nord Est du promontoire, presque à pic sur la mer, formant le prolongement normal de la forteresse. Il pouvait contenir deux cent hommes et de nombreux canons.
- La batterie Santa Anna (Sainte Anne) entre le fort Sainte Thérèse et le Château.
- Les fossés tout le long du front de l'Aïn Rouïna, avec murs de contrescarpes, redan et place d'armes. Ces fossés dans lesquels on descendait par une poterne (elle existe toujours et débouche dans le stade Lyautey) permettaient de communiquer avec les deux ouvrages cités plus haut.
- La demi-lune et la barera (barrière) de Rozalcazar qui partant de la demi-lune venait aboutir à un fortin à l'emplacement duquel se trouve aujourd'hui le Cercle Militaire.
- Enfin le fort San Miguel (Saint Michel) sur le versant opposé du ravin de l'Aïn-Rouïna près le lycée de garçons actuel. Ce dernier fort était des plus importants, il couvrait les avenues du ravin et contenait deux cent cinquante hommes et dix huit pièces de canon. Il était relié au Castillo de Rozalcazar par une belle galerie souterraine qui passait sous le ravin de l'Aïn-Rouïna. Il sauta lors du départ des Espagnols en 1792.
De toutes ces réalisations il ne subsiste aujourd'hui que la demi-lune en piteux état.
Le fort Saint Thérèse et son assise ont été rasés de 1924 à 1930 pour l'agrandissement du port d'Oran.
La batterie santa Anna sert actuellement de belvédère à la promenade de Létang.
Les fossés de la citadelle sur lesquels passent aujourd'hui la rampe Valès, dont les murs de soutènement ne sont autres que ceux de contrescarpe d'autrefois, la la barrière de Rozalcazar, tout cela a disparu sous la poussée toujours plus forte de la ville.
Vendredi 17 Novembre

1708 - 1732 PREMIERE OCCUPATION TURQUE
par
oranalicefr
le ven 17 nov 2006 10:45 CET
Dès 1702, le Dey d'Alger avait résolu d'en finir avec l'occupation espagnole. La place d'Oran était bloquée rigoureusement. Profitant des démêlés de l'Espagne (guerre de succession) et de la trahison du chef des galères qui au lieu de porter secours à la ville, rallia l'escadre anglaise pour se mettre à la disposition de l'Autriche, Bou-Chelagram, bey de l'ouest vint attaquer Oran, dont les forts extérieurs furent pris d'assaut les uns après les autres.
Après un long siège, manquant de secours, ayant épuisé vivre et munitions, la ville fut prise dans la nuit de Noël de 1708.
Le Castillo de Rozalcazar se défendit le dernier.
La nuit Sainte fut passée dans un communion plus étroite avec leur Dieu, au milieu des fracas des assauts. La garnison se rendit que le lendemain soir. Forte de cinq cent hommes, elle fut enchaînée et réduite à l'esclavage.
Les Beys de de l'ouest avaient toujours rêvé de faire d'Oran la capitale de leurs états. Aussi, Bou-Chelagram ayant obtenu, à titre de récompense le gouvernement de la ville qu'il avait conquise, n'eut-il rien de plus pressé que d'y transférer le siège de son beyleck. Il s'installa lui m^me avec ses femmes dans le palis de la vieille Casbah.
Bou-Chelagram régna ainsi vingt quatre ans, au milieu de son harem, dans un repos presque absolu, à peine troublé par ses discussions avec le Dey à propos du Denouch (impôt triennal obligatoire) qu'il était tenu de porter en personne à Alger.
Il na parait pas que pendant cette période, les Turcs aient fait construire ou améliorer quoique ce soit à la défense de la ville ou de ses forts. Bien au contraire, les brèches faites par leur artillerie dans les fortifications de la Place, lors du siège de 1708, attendront le retour des Espagnols pou être réparées.
Mers-El-Kebir était redevenu le nid de pirates d'autrefois.
Ils courraient de nouveau les mers et les prises fort nombreuses, vendues sur la place d'Oran, allaient grossir le trésor du Bey.
Lundi 13 Novembre

LES TRAVAUX DU CASTILLO
par
oranalicefr
le lun 13 nov 2006 12:08 CET
Peu après le milieu du XVII siècle, les travaux du Castillo de Rozalcazar reprirent avec plus d'activité.
Sous l'impulsion de gouverneurs énergiques des ouvrages de fortifications s'élevèrent un peu partout pour défendre une ville que la convoitise permanente des Deys d'Alger mettait en péril, chaque fois que leurs pointes de reconnaissance arrivaient jusque sous ses forts.
Le Castillo de Rozalcazar fut terminé en 1701, au moins temporairement.
Cette date est matérialisé par l'inscription suivante qui se trouve sur la face droite du demi-bastion de gauche, dans le front de l'Aïn - Kereïna (aujourd'hui promenade publique dite "Petit-Vichy".
REYNANDO EN LAS ESPANAS
LA MAJESTAD DEL REY D.PHELIPE
QUINTO Y GOBERNADO ESTAS
PLAZAS EL EX° SENOR
MARQUES DE CASASOLA SE
HIZO ESTA OBRA Y SE ACABO
ANO DE 1701
"Sa Majseté le roi Don Philippe V régnant dans les Espagnes, ces places étant commandés par son Excellence le marquis de Casasola, on construisit cet ouvrage et on l'acheva- an 1701"
Cette inscription, surmontée d'un bel écusson aux armes d'Espagne était entièrement composée de lettres majuscules de plomb coulé dans la pierre.
Le temps et le manque d'entretien l'ont dégradé quelque peu, mais elle est toujours visible bien qu'en partie cachée par les figuiers de Barbarie qui descendent le long de l'escarpe.
Le Castillo de Rozalcazar de cette époque, ne présentait pas, à beaucoup près, l'aspect du Château Neuf actuel.
Les forts tournés vers la ville et la campagne étaient sensiblement les mêmes, mais le front de mer avait été bâti à la hâte, d'une manière toute provisoire.
Quant à l'intérieur, il se réduisait à peu de chose. Si quelques banquettes avaient été élevés, ainsi d'ailleurs qu'un cavalier (des murs ont disparus sous l'amoncellement de bâtiments disparates que les Turcs et Français ont construits depuis) sur le front Est, il n'existait, à part le Donjon, aucun aménagement pour la troupe.
La garnison forte de cinq à six cent hommes logeait partie au Donjon, partie sous la tente.
En fait, le Castillo de Rozalcazar n'était pas terminé.
Lundi 6 Novembre

GUERRE ET HAINE....
par
oranalicefr
le lun 06 nov 2006 10:09 CET
Faute d'hommes et de crédits, ceux-ci ne venant pas, ceux là occupés à réprimer en Espagne la révolte des Morisques, les travaux qui avaient débuté vont marquer un sérieux temps d'arrêt.
Déjà en 1600, Diégo Suarez historien et soldat qui servit trente ans à Oran parlant des forts de la ville pouvait dire "qu'ils couvent la Ville comme une poule ses poussins. Le Rozalcazar serait de loin le plus important si on le terminait".
Les travaux portant, ne seront pas repris de sitôt et il s'écoulera une assez longue période avant que des Gouverneurs énergiques entreprennent de terminer cette citadelle magnifiquement tracée par l'ingénieur italien.
Il est à croire que les Espagnols n'ont pas su faire la conquête du pays dont ils occupaient le port.
Quelque quarante ans après la prise d'Oran, Charles Quint régnant sur les Espagnes, la flotte maîtresse de la mer, tenant presque toute la côte, les Oranais sont aussi étroitement enfermés dans leur ville qu'au premier jour de la conquête.
Pour affirmer leur puissance, qui est réelle, ils exécutent de temps à autre, des sorties, sorties fort chères parfois à seule fin de châtier les tribus rebelles.
Philippe II, successeur de Charles Quint, débuta sagement en donnant l'ordre de poursuivre avec célérité les travaux de fortification de la ville. Mais bientôt, les soucis aidant, il commença par y transférer les condamnés du grand bagne de Malaga, puis tous ceux, grands et petits, qui le gênaient. Il se désintéressa ensuite de sa place forte d' Afrique, au point d'en envisager un instant l'évacuation.
Pendant ce temps nobles exilés et officiers menaient à Oran un train de vie fastueux, joutes d'armes, divertissements de toute nature se déroulaient au milieu d'un tel raffinement que la ville fut surnommée en Espagne "Corte Chica" (petite cour).
Don Juan d'Autriche, reçu à la table du gouverneur de la place, lui fit remarquer que le roi, son maître, ne faisait pas aussi bonne chère et n'était certainement pas aussi bien servi.
Par contre, les humbles desterrados (déracinés-exilés) et condamnés n'avaient pas les mêmes moyens d'existence et travaillaient beaucoup plus. Les menaces de rébellion, les évasions étaient fréquentes.
L'argent n'arrivant pas - un gouverneur d'Oran dut battre monnaie de fer - les soldats, pour la plupart volontaires, ne touchaient pas leur solde. Ils demandaient soit à rentrer chez eux, soit à s'embarquer pour les Indes, "où l'on trouvait de l'or et des perles en marchant".
En 1600, la mutinerie gronde, entretenue par les hommes du Rozalcazar. Un papier circule annonçant qu'ils ne feront plus rien s'ils ne perçoivent pas au moins une avance.
Pour remédier à la situation tragique parfois de leurs troupes, les gouverneurs avaient recours aux razzias. A la t^te de leurs hommes, ils sortaient de la ville, tombaient à l'improviste sur les tribus amies ou ennemies, emmenaient hommes, femmes, enfants, bétail qui étaient ensuite vendus sur la place publique.
Tout le monde y trouvait son compte mais le partage ne se faisait pas toujours sans contestation.
La piraterie avait changé de camp.
Les Maures de leur côté ne restaient pas inactifs. Ils venaient bien souvent, sous les murs même de la ville y opérer pour leur propre compte, des razzias fructueuses aux dépens des chrétiens abhorrés.
C'était alors le branle bas général dans Oran. A la cloche d'alarme, le guetteur de Rozalcazar sonnait à toute volée. Exilés et condamnés, travailleurs et soldats oubliant un instant leurs rancunes personnelles, tous courraient sus à l'ennemi. Une sortie avait lieu, certains n'en revenaient pas.
C'est dans cette atmosphère continuelle de guerre et de haine, tantôt bâtisseurs, tantôt soldats, lâchant le mousquet pour la truelle que les Espagnols durent poursuivre leurs travaux.
Mardi 17 Octobre

1568 Don Juan d'autriche
par
oranalicefr
le mar 17 oct 2006 10:57 CEST
En 1568, Don Juan d'autriche, frère du roi était à Oran. Il voulut visiter le castillo de Ralcazar dont la position au dessus de la ville l'avait frappé.
Sortant par la porte de Canastel (passage voûté qui se trouve place Kléber), Don Juan et sa suite, empruntant un petit chemin ombragé, mais assez raide, parvinrent à la forteresse où une salve de grosse artillerie et de mousqueterie fut tirée en leur honneur.
Après s'être fait présenté le Gouverneur, le Prince admira de ce bastion le panorama magnifique qui s'offrait à sa vue. Au Nord la mer et le port, à l'Ouest à ses pieds la ville blottie au bas de la montagne, au Sud les huertas (jardins maraîchers) où les bosquets faisaient ça et là de grosses tâches sombres, à l'Est la campagne à l'infini...
Il fut tiré de sa contemplation par l'exclamation d'un Tudesque de sa suite qui s'écria, en lui montrant une des grosses pièces d'artillerie :
" Seigneur, cette pièce est une de celles que l'Empereur votre père (Charles-Quint), prit aux ducs de Saxe et de Landgrave et ces lettres profèrent à l'adresse du Souverain Pontife le Pape et de la Sainte Foi catholique une grande insulte"
Un dévoué Prince catholique ne devait pas laisser subsister pareil blasphème.
Il fit sur le champ sauter la légende injurieuse, récompenser le Tudesque et...mettre aux arrêts le gouverneur.
Vendredi 13 Octobre

La forteresse de Rozalcazar
par
oranalicefr
le ven 13 oct 2006 15:37 CEST
Les vainqueurs remplacèrent les anciens murs en pisé du Bordj par de solides murs en maçonnerie. Ils en modifièrent également l'intérieur pour lui permettre de recevoir sa nouvelle garnison : une compagnie de quatre vingt hommes dont un chapelain sou les ordres d'un capitaine qui prit le nom d'Alcaide (de l'arabe al caïd : gouverneur du fort).
Une chapelle fut aménagée à l'intérieur du fort afin que les hommes pussent entendre la messe sans sortir de leur réduit.
Ce fort n'a ghère été modifiéde nos jours. Il est connu aujourd'hui sous le nom de "donjon du Château-Neuf". Les caractères généraux de sa construction, le principe primitif de son tracé bastionné, l'aspect moyenageux de son intérieur, qu'il a encore conservé, sont les sûrs garants de sa solide réputation d'ancienneté.
La forteresse de Rozalcazar, malgrè sa position très forte, ne possédait pas d'artillerie. Les gouverneurs s'en plaignaient, mais, soit incurie de la Couronne, soit difficultés naissantes dans lesquelles se débattait déjà l'Espagne, il faudra attendre le siège d'Oran et Mars-el-Kébir, par Hassan-Pacha, Dey d'Alger, en 1563 pour donner une impulsion nouvelle aux travaux de la place.
Ces travaux permettront de doter le Rozalcazar d'un grand bastion et d'une bonne artillerie.
L'alerte fut chaude. Les brêches faites dans les fortifications de la ville furent assez graves, pour qu'un ingénieur italien (Jaccomo Paléazzo, qui traçales plans de la Goulette), mandé par en toute hâte à On, reçut mission de les réédifier.
Le plan général du Castillo de Rozalcazar fut tracé et le premier bastion construit.
Son mur d'escarpe partait de la tour Sud, venait englober à l'Est une ptite tour dont la date de construction est inconnue, pour venir se raccorder à la tour Nord. L'ensemble formait un vaste terre-plein sur lequel on installa quelques canons et une bonne couleuvrine.
On peut reconnaître aujourd'hui, à l'état de dégradation de ses pierres, malgré les enduits protecteurs qu'on y a mis depuis, à son absence de corniche, que ce bastion situé à gauche de l'entrée actuelle de Cha^teau-Neuf est d'une construction bien antérieure à celle du reste de l'enceinte.
Mercredi 11 Octobre

Première occupation espagnole
par
oranalicefr
le mer 11 oct 2006 15:19 CEST
La première occupation espagnole va durer de 1509 à 1708.
A l'entrée des Espagnols, les fortifications de la ville d'Oran comprenaient :
- une enceinte continue en pisé, surmontées de hautes tours, qui enfermait la ville.
- La Casbah, adossée à la ville.
- Le Bordj El Ah'meur.
Le Cardinal para au plus pressé et fit réparer hâtivement les murs qui avaient le plus souffert du siège.
Ce n'est que plus tard, en 1514, que la ville d'Oran a commencé sa transformation espagnole.
Le roi avait ordonné la construction d'ouvrages de fortifications.
Diégo de Véra, commissaire Général de l'artillerie de la place d'Oran prescrivit alors la restauration et l'amélioration du Bordj El Ah'meur que les occupants appelaient déjà Rozalcazar et dont le Cardinal avait fait lever le plan.
Certains ont cru voir dans ce nom de Rozalcazar une mauvaise traduction espagnole de Bordj El Ah'meur : Rojas Casa (les maisons rouges). Rozalcazar paraît plutôt provenir de l'arabe Ras-el-Ksar qui signifie tête ou promontoire du château.
Les Espagnols auraient ainsi donné au fort le nom du rocher sur lequel il était bâti.
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